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Bilan sociétal

Définition
par Michel Capron, professeur de gestion
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Elaboré à partir de 1995 par le CJDES*, le bilan sociétal est un dispositif d’évaluation qui constitue un cadre d’action destiné à répondre à la question de plus en plus souvent posée aux organisations de toutes sortes : « Comment vous comportez-vous sur le plan social et environnemental ? » A cette fin, il s’appuie sur un référentiel de 320 questions [1] et implique plusieurs catégories d’acteurs : la direction de la structure évaluée, les salariés et leurs représentants, les associés*, sociétaires* ou adhérents*, des élus locaux, les principaux clients ou fournisseurs. De quoi permettre la réalisation d’un reporting externe de l’ensemble de l’activité de la structure en couvrant tous les champs que cette activité affecte.


En faisant appel aux différentes parties prenantes pour répondre au questionnaire, il devient un instrument d’objectivation et un outil de dialogue au sein et autour de l’organisation. L’analyse des réponses par un intervenant extérieur conduit à un diagnostic remis à chaque partie impliquée. Ce diagnostic permet de tracer un « profil sociétal » stratégique de l’organisation (points forts et points faibles ; risques et opportunités). Cette démarche fait apparaître les zones de tension, les dilemmes, les choix possibles et les arbitrages à opérer. A la lumière de ces éclairages, la démarche peut se transformer en instrument d’aide à la décision pour l’amélioration continue de l’organisation.


L’évaluation ne pouvant se contenter des critères usuels d’efficacité et d’efficience appliqués dans les domaines économiques et financiers, le bilan sociétal ajoute des critères permettant aux différentes logiques d’action à l’œuvre dans une organisation d’être mises en évidence : utilité sociale*, solidarité*, convivialité, par exemple, sont présentes aux côtés de critères plus classiques (santé-sécurité, précaution, satisfaction…). Ces critères, inspirés des valeurs* de l’économie sociale au sein de laquelle est né le dispositif, peuvent s’appliquer à des entreprises privées et publiques et même à d’autres formes d’organisation, comme les associations et les collectivités territoriales, puisqu’il existe désormais une version adaptée du questionnaire pour celles-ci.


La mise en œuvre de la démarche fait apparaître que les organisations apprennent beaucoup sur elles-mêmes de cet exercice d’autodiagnostic et d’évaluation croisée ; il en est de même des parties prenantes extérieures, qui découvrent souvent une autre réalité qu’elles ne soupçonnaient pas. Certes, l’exercice exige une réelle implication de toutes les parties concernées, mais une véritable évaluation de la responsabilité sociale d’une organisation mérite bien cela.
 

Pour en savoir plus : www.cjdes.org

 

[1] Le bilan sociétal est organisé en neuf champs d’analyse : activité, produits et relations clients ; gestion économique ; anticipation, innovation, prospective ; organisation du travail ; ressources humaines ; acteurs internes-citoyens de l’entreprise ; environnement humain, social et institutionnel ; environnement biophysique ; finalités et valeurs éthiques. Ces thèmes peuvent être croisés avec quinze critères comme la solidarité, la sécurité ou la viabilité.