Issu d’une famille modeste, Louis Blanc a pu poursuivre ses études grâce à une bourse. Il devient ainsi journaliste, puis rédacteur en chef d’un journal d’opposition à la monarchie. Il le quitte après avoir soutenu la thèse, jugée subversive, que le chemin de fer devait être construit par l’Etat et son usage gratuit. Il publie en 1840 L’organisation du travail, où il dessine le projet d’une société socialiste dans laquelle les activités économiques seraient exercées par des « ateliers sociaux », coopératives aux dirigeants élus dont les bénéfices seraient distribués aux travailleurs. De ce point de vue, il se situe dans le courant associationniste* qui, à l’époque, désignait les partisans des associations ouvrières comme alternatives au capitalisme et à la domination du capital sur le travail. Mais, à la différence de la majorité des membres de ce courant, il préconisait que l’Etat en assure le financement initial et que les bénéfices soient propriété des travailleurs. « Ce qui manque aux prolétaires pour s’affranchir, ce sont les instruments de travail : la fonction du gouvernement est de les leur fournir. Si nous avions à définir l’Etat dans notre conception, nous dirions : l’Etat est le banquier des pauvres. »
Lors de la révolution de 1848, ses idées radicales font peur. Elu député, il est nommé président de la Commission dite du Luxembourg, chargée de faire des propositions notamment sur le droit à l’emploi. Le ministre des Travaux publics de l’époque, Pierre Thomas Marie, lance alors les ateliers nationaux, inspirés des ateliers de charité de l’Ancien Régime. La similitude des appellations a fait que ces ateliers sont souvent confondus avec les projets de Louis Blanc et que leur paternité lui a été attribuée. Comme lui a été attribué leur échec…
Aux élections d’avril 1848, les conservateurs reviennent en force et Louis Blanc s’exile. Il rentre après le désastre de Sedan, en 1870. Réélu député en 1871, il le restera jusqu’à sa mort, en 1882, jetant les bases de ce qui deviendra ensuite le Parti radical-socialiste.
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