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Cabet, Etienne (1788-1856)

Définition
par Denis Clerc
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Né à Dijon, ville de « robins » (juristes), Etienne Cabet y fait tout naturellement son droit et devient avocat. Après un passage dans la société secrète créée par Buchez*, il est élu député de la Côte-d’Or en 1831. Il crée un journal, Le populaire, qui lui vaut l’exil à Londres, puis en Ecosse, où il est accueilli par Robert Owen*. Il y écrit Voyage en Icarie, livre dans lequel il décrit une société idéale basée sur le travail, mais où chacun percevrait selon ses besoins, dans une logique égalitaire, monnaie et commerce y étant bannis : « C’est la république ou la communauté qui, chaque année, détermine tous les objets qu’il est nécessaire de produire ou de fabriquer. » Le livre rencontre un grand succès, et Cabet relance Le populaire comme organe du « communisme icarien ». Si « toutes les industries et toutes les manufactures [doivent être] nationales », il récuse la violence et l’opposition de classes et propose de lancer des expérimentations de « sociétés icariennes ».

La première a lieu en 1848, avec la création d’une communauté au Texas, sur des terrains achetés grâce à une souscription. Cabet la rejoint en 1849. Mais les choses tournent mal car il veut tout régenter. Il part avec quelques disciples s’installer dans l’Illinois : deuxième échec, car la communauté éclate en 1856 en expulsant son fondateur, qui meurt la même année à Saint Louis (Missouri). Une communauté dissidente subsistera dans l’Iowa jusqu’en 1886.