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Caisse d’épargne

Définition
par Daniel Duet, historien et économiste
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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L’argent peut être facteur de progrès et ses vertus positives doivent être diffusées à tous les échelons de la société : telle est la conviction des fondateurs de la première Caisse d’épargne, à Paris, en 1818. Leur objectif est d’encourager à la prévoyance et de développer l’esprit d’épargne dans toutes les catégories de population. Une œuvre à la fois pédagogique, pratique et symbolique.


Le nombre de caisses se développera durant le XIXe siècle et le début du XXe siècle. Elles sont 585 en 1952. Un mouvement de regroupement a ensuite ramené ce nombre à 17 caisses métropolitaines, aujourd’hui d’envergure régionale. Ces caisses sont fédérées autour de leur organe central, la Caisse nationale des Caisses d’épargne, tête de réseau, banque et holding du groupe, et de l’instance de représentation des caisses et des sociétaires* : la Fédération nationale des Caisses d’épargne.


En France, les Caisses d’épargne ont diversifié leurs activités après la plupart de leurs consœurs européennes, mais elles sont, à présent, des banques de plein exercice. C’est ce qui a d’ailleurs conduit les pouvoirs publics à procéder, en 2009, à la banalisation du livret A, invention des Caisses d’épargne et vecteur unique de leur développement pendant un siècle et demi, au profit de l’ensemble des autres acteurs bancaires.

Créées dans un esprit d’économie sociale, elles avaient des statuts juridiques d’origine différents. Ce statut, très atypique, était proche de celui des fondations*. La loi de 1999 les a transformées en banques coopératives*. Elles regroupent désormais plus de 3,6 millions de sociétaires, représentés par près de 6 200 administrateurs élus au travers de 354 sociétés locales d’épargne.
Le Groupe Caisse d’épargne, après différentes fusions, acquisitions et créations bancaires, s’est organisé, comme les autres groupes bancaires français, en groupe universel, sans pour autant abandonner son ancrage privilégié auprès des particuliers, du secteur public territorial, du logement social, de l’économie sociale, du développement régional et local.


Le contexte concurrentiel, de plus en plus présent sur les marchés bancaires en Europe, l’a poussé à s’engager, en 2006, dans un rapprochement avec le Groupe Banque populaire, sur la base d’une forte complémentarité entre les deux groupes : même statut coopératif, valeurs très proches, complémentarité dans les activités commerciales. Ce rapprochement s’est d’abord opéré dans les activités de la banque de financement et d’investissement que les deux groupes ont mises en commun à travers la naissance de Natixis*, structure cotée en Bourse. Les conséquences de la crise financière aiguë qui s’est installée en 2007-2008, ajoutées à une gouvernance duale rendant complexe le pilotage de Natixis, ont conduit les deux groupes, à l’automne 2008, à souhaiter accélérer leur rapprochement en le menant à son terme par constitution d’un organe central unique. Les deux réseaux conserveront cependant leur existence autonome. Cette fusion, qui doit se réaliser en 2009, va ainsi donner naissance à un nouveau groupe bancaire coopératif qui deviendra le deuxième sur le marché français et qui doit jouer un rôle de renforcement et de stabilisation au sein d’un paysage bancaire soumis à de rudes épreuves.


Pour en savoir plus : www.groupe.caisse-epargne.fr et www.societaires.caisse-epargne.fr