Les communautés de travail ont constitué un ensemble d’une cinquantaine d’entreprises autogérées qui se sont développées en France entre 1942 et 1954, à partir d’une expérience originale qui servira de modèle pour l’ensemble du mouvement : la communauté Boimondau, pour « Boîtiers de montres du Dauphiné », fondée par Marcel Barbu en 1941 à Valence, puis dirigée par Marcel Mermoz. Le principe fondateur est de placer l’organisation au service de l’homme. Cela justifie la petite taille des communautés, au sein desquelles tous les membres se connaissent. Au-delà du travail, les communautés organisent de nombreuses activités : service de santé, groupement d’achat, cantine, « cercle d’entraînement intellectuel », organisation mutualiste, etc.
Le mouvement des communautés de travail a connu une première phase de développement marquée par les idéaux de la Libération (1945-1950). On a alors assisté à la promotion et à la création de petits groupes très cohésifs, militant pour l’avènement d’une société nouvelle et s’inscrivant dans l’idéal socialiste et/ou chrétien. Au cours des années 1950, les règles communautaires sont partiellement abandonnées. On comptait, en 1954, 52 communautés, dont 15 dans la métallurgie et l’électricité, 11 dans le bâtiment, 10 dans le meuble. Dans les années qui suivent, plusieurs communautés disparaissent – il en restera 27 en 1957 –, et l’Entente communautaire, fédération des communautés de travail, va se fondre dans la Confédération générale des Scop (CG Scop*) au cours des années 1960. Cet apport contribuera fortement à l’orientation de la Confédération.
Les communautés de travail ont joué un rôle important dans l’expérimentation autogestionnaire et dans la formation coopérative. Sans compter tous les compagnons qu’elle a concernés. D’éminents dirigeants et penseurs coopératifs ont fait leurs armes au sein des communautés de travail, dont Albert Meister, Henri Desroche* et Yves Régis.
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