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Desroche, Henri (1914-1994)

Définition
par Jean-François Draperi, Recma
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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De formation dominicaine, Henri Desroche rejoint l’association Economie et humanisme en 1942, où il découvre la communauté de travail* Boimondau, une expérience qui marque son entrée dans le monde de la coopération*. La parution en 1949 de son ouvrage Signification du marxisme l’oblige à quitter l’ordre dominicain. A partir de cette date, son œuvre écrite intègre trois dimensions : sociologie religieuse, sociologie de la coopération et du développement et sociologie éducative. Il intègre le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en 1951 et fonde le collège coopératif* ainsi que la revue Archives internationales de sociologie de la coopération et du développement en 1957. Cette revue s’est spécialisée sur la coopération et le développement pendant que la Revue des études coopératives (devenue Recma*), à laquelle il collabora aussi étroitement, avec André Chomel et Claude Vienney*, poursuivait essentiellement ses publications sur les coopératives du Vieux Continent.


Tout en accompagnant la création d’un réseau de collèges coopératifs en France et du Réseau des hautes études des pratiques sociales (RHEPS), il fonde en 1977 l’Université coopérative internationale, qui réunira quatre fois par an pendant une dizaine d’années des militants coopératifs d’Afrique, d’Europe, ainsi que d’Amérique latine et du Nord.


L’œuvre d’Henri Desroche sur le mouvement coopératif* est essentielle : ses apports concernent spécialement la préhistoire religieuse du mouvement coopératif, la pensée coopérative au XIXe siècle, l’associationnisme*, la coopé­ration de production*, le fouriérisme, les relations entre coopération et développement. A la fois historien et sociologue, il se centra davantage sur le projet coopératif que sur l’organisation des entreprises coopératives. Bien qu’Henri Desroche écrivît sur toutes les formes de coopération, son parcours le rendait plus proche de la coopération de production que de la coopération de consommation*, à l’inverse de la majorité des spécialistes de sa génération ou de la génération précédente. Il reste un des fondateurs de la sociologie des religions en France, un spécialiste incontesté du mouvement coopératif et un éducateur remarquable.