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Ecole de Nîmes

Définition
par Denis Clerc
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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L’école de Nîmes désigne un courant coopératif né – comme son nom l’indique – à Nîmes. Il est issu de la rencontre de trois hommes bien différents : les deux premiers, Auguste Fabre, qui se déclare « fouriériste », et Edouard de Boyve, protestant, riche et philanthrope, avaient fondé chacun une coopérative de consommation* ; le troisième, Charles Gide*, professeur d’économie à Montpellier, protestant lui aussi, découvrit le monde coopératif à travers l’organisme d’éducation populaire fondé par les associés des coopératives créées par les premiers.

En 1886, Gide prononce le discours d’ouverture du deuxième Congrès coopératif, sur le thème de « La coopération et le parti ouvrier en France ». Ce sera le texte fondateur de l’école de Nîmes, qui se caractérise par trois idées-force. D’abord, la coopérative de consommation* doit être le fer de lance de l’organisation coopérative : elle s’adresse à tous et vise à réduire le coût de la vie. Ensuite, elle doit vendre au prix normal, et ristourner par la suite l’essentiel de ses bénéfices aux coopérateurs, et non financer des activités politiques ou sociales. Enfin, la coopérative doit être neutre : c’est par son efficacité qu’elle s’impose, non par un quelconque militantisme politique. Ces thèses sont popularisées par une revue fondée la même année, L’émancipation. A la mort de Gide, en 1932, le rayonnement de l’école de Nîmes décline, mais ce courant a marqué durablement les coopératives de consommation.