Elle trône au fronton de tous les bâtiments de la République, mais chacun sait bien qu’il s’agit d’affirmer le principe de l’égalité de droits de tous les citoyens, au sortir de l’Ancien Régime, et non d’assurer une égalité de conditions au plan économique et social. Ce dernier objectif peut lui-même être décliné de bien des manières : parle-t-on d’égalité des chances, ou d’égalité des résultats, d’égalité salariale ou d’égalité des conditions de vie ? Tocqueville, en 1835 déjà, soulignait que le processus d’égalisation des conditions était, à ses yeux, irréversible, mais que, plus on s’approchait de cet objectif, plus les inégalités qui subsistaient frappaient l’œil et scandalisaient : la perception que la société a des inégalités qui la traversent n’est pas un fidèle reflet de l’ampleur de ces inégalités.
Au sein de l’économie sociale, le terme d’égalité renvoie au principe fondamental « une personne, une voix »* : ce sont les hommes qui comptent, pas les moyens financiers qu’ils mettent en œuvre. On retrouve là le principe d’égalité politique qui fonde le suffrage universel et qui est à la base de toute démocratie. Il existe de ce fait une dimension politique dans l’entreprise d’économie sociale. Certes, cette dimension a des limites : ce ne sont pas toutes les parties prenantes qui disposent d’une voix, mais seulement les coopérateurs*, adhérents* ou sociétaires*. Reste que ce choix symbolise la volonté de faire de l’entreprise une structure au service de l’intérêt de l’ensemble de ses associés*, et pas un lieu de maximisation du profit.
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