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Emploi dans l’économie sociale et solidaire

Définition
par Henry Noguès, économiste
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Dans un contexte de chômage fort, la contribution de l’économie sociale et solidaire (ESS) en termes d’emplois devient un critère d’appréciation de son importance. Grâce aux travaux de l’Insee, repris dans une note détaillée de l’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire [1], on sait qu’elle emploie 9,8 % des actifs salariés en France. Cette part dépasse même 18 % si l’on ne considère que les emplois supplémentaires apparus entre 2005 et 2006.


Dans cet ensemble, les différentes familles de l’ESS représentent un poids inégal (voir graphique). Plus des trois quarts des emplois se trouvent dans les associations. En moyenne, chaque association emploie dix salariés, indicateur cependant peu significatif compte tenu de la forte concentration des emplois. Selon l’enquête menée par Viviane Tchernonog [2], 44 % des associations employeurs n’ont qu’un ou deux salariés, tandis que les associations de 50 salariés et plus occupent 46 % de l’emploi total. Les deux tiers des emplois associatifs concernent l’action sociale, la santé, l’éducation, la formation et l’insertion.
L’emploi associatif présente des caractéristiques particulières. D’abord, il s’agit plus souvent d’un emploi à temps partiel. La durée moyenne de l’emploi ne représente que 81 % d’un équivalent temps plein (contre 90 % dans le reste de l’économie). Ensuite, la part des emplois en contrats à durée déterminée apparaît plus faible que dans l’ensemble de l’économie. Enfin, près d’un emploi sur quatre est un emploi aidé. Ces caractéristiques résultent notamment de la conjonction d’une faible solvabilité de certains publics et de l’instabilité récurrente des financements publics. La qualité des emplois s’en ressent et constitue l’une des différences marquées entre les associations d’un côté et les mutuelles ou les coopératives de l’autre. En revanche, si les coopératives emploient la même proportion de femmes que le reste de l’économie, les mutuelles, les fondations* et les associations emploient surtout des femmes (environ 70 %). Près d’une association sur deux a une directrice. Ainsi, au-delà du nombre, l’emploi dans l’ESS peut être complémentaire de celui des autres formes d’entreprise. Cette remarque aurait d’autant plus d’intérêt si de futurs travaux de recherche faisaient apparaître une différence dans la localisation de ces emplois. En effet, qu’il s’agisse de services aux entreprises agricoles ou artisanales, de services aux personnes ou d’activités sportives, la proximité et l’ancrage local nécessaires pourraient favoriser une présence plus diffuse de l’ESS dans les bassins de vie.