L’épargne solidaire est apparue en France au début des années 1980 avec la création, par le Crédit coopératif* et le Comité catholique contre la faim et pour le développement, du premier placement de partage, le fonds commun de placement (FCP) Faim et développement. Elle a pour origine une démarche militante des épargnants, fondée sur la volonté d’utiliser l’épargne comme outil de financement de projets ou d’entreprises à forte plus-value sociale, environnementale ou humanitaire. Cette solidarité peut s’exprimer soit par le partage de la rémunération d’un placement bancaire ou financier, soit par l’investissement direct dans une entreprise ou un organisme financier solidaire. En contrepartie, les épargnants acceptent une éventuelle rémunération moindre.
L’épargne solidaire satisfait donc à la fois le désir de solidarité des épargnants et les besoins de financement des entreprises solidaires*, des associations, etc. Des banques ou des établissements financiers solidaires permettent la mise en relation de ces deux catégories d’acteurs, avec des produits d’épargne et de placement qui mettent en œuvre des mécanismes financiers spécifiques. Ces produits peuvent être des produits traditionnels – livrets bancaires, livret de développement durable, Sicav ou FCP, assurances-vie, etc. – auxquels s’ajoutent des mécanismes de solidarité de formes variables. Quand l’épargnant choisit de céder tout ou partie de la rémunération de son épargne à un organisme menant des activités d’intérêt général* et habilité à recevoir des dons (associations, fondations), on parle d’épargne de partage*. Lorsque l’épargne est investie directement dans une entreprise solidaire, dans le cadre d’une Sicav, d’un FCP ou d’une assurance-vie, on parle d’épargne d’investissement solidaire.
Les fonds solidaires, organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) à vocation générale ou fonds communs de placement d’entreprise (FCPE) créés dans le cadre de la loi Fabius sur l’épargne salariale du 19 février 2001, entrent dans cette seconde catégorie : ils investissent obligatoirement entre 5 % et 10 % de leurs encours dans des entreprises ayant reçu de l’Etat l’agrément d’entreprise solidaire. Les livrets bancaires dont l’encours collecté ouvre une ligne de crédit à un établissement financier solidaire pour financer des activités que l’épargnant veut soutenir sont aussi considérés comme de l’épargne d’investissement solidaire.
Les causes ainsi financées sont très diverses : l’insertion par l’activité économique* ou par le logement, la protection de la nature, l’aide au développement, en France ou dans les pays en développement. Cela peut être aussi de l’épargne de proximité destinée à soutenir l’économie locale. L’épargne solidaire connaît un réel développement, mesuré par l’Observatoire de la finance solidaire de l’association Finansol*, qui œuvre à sa promotion et décerne le label Finansol aux produits d’épargne solidaire respectant certains critères.
Dans leur offre, plusieurs banques ont aujourd’hui des produits d’épargne solidaire. Le Crédit coopératif* en propose la plus large gamme, conçue en partenariat avec de nombreuses associations et des établissements financiers qui trouvent là une source solidaire de financement de leurs activités : la société financière de la NEF*, la Caisse solidaire Nord-Pas-de-Calais*, par exemple.
Un acteur de l'épargne solidaire : La Caisse solidaire Nord-Pas-de-Calais
La Caisse solidaire Nord-Pas-de-Calais est une société financière coopérative à capital variable. Dans une région touchée par le chômage, elle finance depuis 1997 la création et le développement d’entreprises, en général de petite taille, qui créent notamment des emplois dans les secteurs des services, de l’artisanat, de l’industrie, du développement en milieu rural. Pour ce faire, elle fait appel à des épargnants solidaires et collecte des ressources via des produits d’épargne faiblement rémunérés, labellisés Finansol* : compte d’épargne, Livret solidaire géré par le Crédit coopératif*. Elle a reçu l’agrément d’entreprise solidaire* et propose la souscription de parts sociales* de son capital. Créée en 1997, avec notamment le concours de la région Nord-Pas-de-Calais, de la Caisse des dépôts et consignations et de banques coopératives*, elle est associée au Crédit coopératif*. Les prêts qu’elle accorde vont de 16 000 à 75 000 euros et s’échelonnent sur une durée de deux à cinq ans.
Contact : 15 rue de la Poste, 59100 Roubaix, tél. : 03 20 81 99 70, site : www.caisse-solidaire.org, courriel : contact@caisse-solidaire.org
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