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Europe (L’économie sociale en)

Définition
par www.socialeconomy.eu.org
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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L’économie sociale est présente dans toute l’Union européenne et, au-delà, sur tout le continent européen. Très développée à l’Ouest, elle est renaissante en Europe centrale et orientale. Elle est identifiée par ses principes (libre adhésion*, gestion démocratique*, juste répartition des excédents*, propriété* collective choisie, solidarité*) et ses statuts (coopératives, associations et chantiers, mutuelles, fondations*).


Depuis le 1er janvier 2008, la coupole européenne de l’économie sociale a changé de nom. Anciennement Conférence européenne permanente des coopératives, mutuelles, associations et fondations, elle s’intitule désormais Social Economy Europe* et a pour objectif de promouvoir l’économie sociale européenne comme secteur apportant des richesses tant au niveau économique que social et de mettre en valeur, au niveau européen, le rôle joué par ses acteurs ainsi que les principes* qui les définissent.


Un rapport d’informations publié en 2007 par le Conseil économique et social européen (Cese) dresse un panorama chiffré du poids de l’économie sociale en Europe sur la période 2002-2003. Selon celui-ci, l’économie sociale européenne représente une réalité humaine et économique « des plus consistantes », puisqu’elle occupait, en 2003, plus de 11 millions de personnes, soit 6,7 % de la population salariée de l’Union européenne. Selon des données plus récentes, l’économie sociale européenne compte aujourd’hui plus de 2 millions de structures employant plus de 20 millions de salariés, soit environ 10 % des emplois en Europe.


La situation des différentes composantes de l’économie sociale en Europe prend plusieurs formes :
– Les coopératives en Europe : selon Cooperatives Europe*, on dénombre au sein de l’Union européenne 256 000 entreprises coopératives, comptant 163 millions de membres et employant 5,4 millions de personnes. Parmi ces structures, les banques coopératives* européennes détiennent 20 % de parts de marché, avec 47 millions de membres, 140 millions de clients et 730 000 salariés, selon le GEBC*. Selon leur fédération représentative en Europe (Eurocoop), les 3 300 coopératives de consommation* européennes comptaient, en 2003, plus de 24 millions de sociétaires et employaient plus de 251 000 salariés. Les coopératives de production* et de travail associé* représentent, quant à elles, environ 1,3 million de travailleurs répartis au sein de 60 000 coopératives et entreprises détenues par leurs salariés, selon la Cecop*. Le Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne (Copa) et la Confédération générale des coopératives agricoles de l’Union européenne (Cogeca), représentant la grande majorité des agriculteurs de l’Union et leurs coopératives, recensent 15 millions de personnes travaillant à temps plein ou partiel dans les exploitations agricoles européennes et plus de 40 000 coopératives.


– Les mutuelles en Europe : les mutuelles de prévoyance et de santé*, représentées au sein de la section européenne de l’Association internationale de la mutualité, offrent une couverture à plus de 168 millions de bénéficiaires en Europe. Les mutuelles d’assurances*, représentées par l’AMICE*, emploient plus de 320 000 salariés, assurent plus de 100 millions de ­membres et représentent, quant à elles, plus de 20 % du marché de l’assurance en Europe.


– Les associations en Europe : le secteur associatif a acquis une importance économique croissante, tout autant qu’une fonction « citoyenne » (près d’un citoyen sur deux est membre d’une association). La représentation des associations auprès des instances de l’Union européenne est notamment assurée par le Comité européen des associations d’intérêt général (Cedag). Ses membres sont des coordinations nationales, des associations nationales ou régionales, représentant plus de 50 000 associations avec plus de 9 millions de membres individuels.
– Les fondations en Europe : il existe, selon une enquête menée par le Centre européen des fondations*, 95 000 fondations au sein de 24 Etats membres (exception faite de la Lituanie, de la Roumanie et de Malte), soit une moyenne de 20 fondations pour 100 000 habitants. Les fondations européennes se sont fédérées au sein de deux organisations : le Centre européen des fondations et le Pôle européen des fondations de l’économie sociale*.


Lors de la conférence européenne de l’économie sociale des 21 et 22 novembre 2008, les représentants des acteurs européens de l’économie sociale ont adopté une déclaration finale, soulignant notamment la nécessité de reconnaître la pluralité des formes d’entreprendre qui ne peut se faire sans l’adoption par l’Union européenne de statuts européens pour les fondations, les associations et les mutuelles ; d’intégrer les entreprises de l’économie sociale dans tous les dispositifs de soutien et de développement des entreprises initiés dans le cadre de la politique européenne incitative envers les entreprises ; d’impliquer les acteurs de l’économie sociale dans les instances qui élaborent les normes comptables (normes IAS*) ; de veiller à ce que les règles du marché intérieur et de la concurrence facilitent la mise en place des services sociaux de qualité, accessibles et viables ; d’utiliser des méthodes d’évaluation nouvelles qui permettent de faire le lien entre l’apport des entreprises de l’économie sociale et la cohésion sociale, territoriale et environnementale et d’encourager les partenariats entre les acteurs présents dans les territoires ; ou encore de prendre systématiquement en considération les entreprises de l’économie sociale dans le cadre de programmes de développement.
Pour en savoir plus : www.socialeconomy.eu.org