Au sens strict, l’intercoopération désigne tout partenariat exercé entre des coopératives de natures différentes. Au début du XXe siècle, l’homme politique et militant coopératif Albert Thomas (1878-1932) l’évoquait essentiellement pour souligner l’intérêt qu’auraient les coopératives de consommation* à s’approvisionner auprès des coopératives agricoles*. Cette intercoopération ne s’est cependant jamais généralisée, sans doute en raison d’une forme de supériorité légitime et évidente attribuée aux coopératives de consommateurs.
L’intercoopération est aujourd’hui redevenue d’actualité, comme en témoignent l’essor du commerce équitable, les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap), les Scic* (qui constituent une forme d’intercoopération interne à travers le multisociétariat*), et, plus largement, la multiplication des relations entre des coopératives, des associations et des mutuelles. Après les républiques des travailleurs que représentaient les associations ouvrières* de 1848, après la république des consommateurs de la fin du XIXe siècle chère à Charles Gide*, l’économie sociale tente aujourd’hui de répondre simultanément aux attentes des salariés et à celles des consommateurs. L’intercoopération est le moyen privilégié de ce vieux projet encore largement à réaliser.
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