Site ressource sur l'Économie Sociale et Solidaire

Intérêt collectif

Définition
par Denis Clerc
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
1022 lectures


On connaît la métaphore célèbre de la « main invisible » : en servant leur intérêt personnel, le marchand de bière ou le boucher, selon Adam Smith, serviraient aussi l’intérêt collectif, celui de l’ensemble de la société. L’affirmation libérale de la supériorité du marché repose sur cette conviction. Elle est pourtant loin d’être toujours fondée : dans l’urbanisme, la santé, la formation, la sélection par l’argent réduit le bien-être de la société tout entière (et pas seulement des exclus). Il faut donc s’intéresser aussi aux « effets externes » des différentes activités sur la société dans son ensemble. Et c’est justement dans les domaines où les effets externes sont les plus importants, où le seul marché aboutit à des situations « sous-optimales », que l’économie sociale s’est le plus développée (crédit, assurance, santé, logement, insertion…).
C’est dans un autre sens que l’expression est utilisée pour la société coopérative d’intérêt collectif (Scic*). Il s’agit ici non pas de l’intérêt général*, mais de la capacité des organismes qui participent à ce type de société à trouver des compromis ou des accords bénéfiques à chacune des parties prenantes (salariés, collectivités territoriales, associations d’usagers…).
Enfin, il faut bien distinguer intérêt collectif et utilité publique : ce dernier terme sert à désigner certaines associations qui ont fait la preuve de leur capacité à servir le bien commun et qui, à ce titre, peuvent bénéficier de dispositions fiscales plus avantageuses que celles du droit commun.