Cet anglicisme est en fait dérivé d’un vieux mot français, « ménagement », qui, jusqu’au XVIIIe siècle, signifiait « avoir la responsabilité de quelque chose dont on n’est pas propriétaire ». Le terme management est aujourd’hui couramment utilisé dans trois acceptions.
La première concerne l’ensemble des connaissances mobilisables pour assurer la direction d’une entreprise ou d’une organisation. Management renvoie ici aux connaissances de la gestion, de l’administration, de l’économie d’entreprise, de la psychologie et de la sociologie des organisations. Initialement réservé au monde de l’entreprise, le terme rassemble tous les concepts, techniques, outils, recettes ou expériences qui permettent de gérer au quotidien le fonctionnement effectif d’une structure. Le management suppose une organisation, c’est-à-dire une unité organisée qui participe à la création de richesses* (au sens large du terme) dans l’économie : entreprise privée ou publique, association, mutuelle, coopérative. L’histoire des théories du management démontre, depuis Frederick Taylor, que si son objectif demeure, les principes sur lesquels il repose ont évolué : pour Henry Mintzberg, la référence en la matière, le management détermine en effet une réponse contingente à un certain nombre de contraintes, quand la sociologie des organisations (Michel Crozier et Erhard Friedberg) le considère d’abord comme un construit, avec des jeux d’acteurs et de pouvoir. Le management s’enseigne donc, dans les grandes écoles de gestion, en université et en formation continue.
Dans la deuxième acception, le management se réfère à l’application de ces connaissances à la direction d’une organisation. Il se décline par thèmes ou par secteurs : management de projet, management de la qualité, management hospitalier, etc. En spécialisant son champ, il accompagne le changement en profondeur des organisations. Evolutif parce que science de l’humain en action, il est sujet aux effets de mode : du management participatif au management par objectifs, en passant par le management du progrès permanent…, ses avatars sont multiples et datés dans le temps. C’est dans son sens le plus restrictif, « management d’équipe », que ses dérives sont le plus visibles. Des concepts solides voisinent désormais avec des recettes comportementales simplificatrices qui seraient moins toxiques si elles ne revendiquaient pas un statut d’explication absolue et définitive. La prudence s’impose donc. L’objet du management reste légitime, et il serait dangereux de « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Aucune organisation ne saurait se passer raisonnablement de mener l’analyse de son système social, avec ses forces et faiblesses en regard de son projet et de ses conditions d’environnement, pour élaborer les principes qui doivent guider l’action de ses différentes composantes. L’intégration dans le management des concepts de valeur*, d’éthique et de développement durable* traduit cette prise en compte récente des dimensions idéologiques qui structurent aussi les organisations.
Enfin, troisième acception, le terme management peut désigner l’équipe dirigeante des organisations et, parfois, par extension, toute la ligne hiérarchique. La presse économique l’utilise souvent dans ce sens : « La cession du Sernam à son management devra avoir l’aval de la Commission de Bruxelles en septembre 2005 » (Les Echos, 26 juillet 2005).
Dans ses trois acceptions, le management concerne donc aussi les acteurs de l’économie sociale. Il doit être porteur d’efficacité dans ces organisations qui ont aujourd’hui tendance à abandonner leur défiance initiale à son encontre pour en faire un atout économique au service de leur ambition sociale.
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