Coopératives, associations, mutuelles et fondations* sont présentes partout dans le monde et, en tant qu’agents économiques, sont parties prenantes d’une économie désormais mondialisée. Les acteurs de l’économie sociale en sont de plus en plus conscients, comme en témoignent les Rencontres du Mont-Blanc*. Ces rencontres, initiées en 2004, réunissent en effet des dirigeants d’entreprises de l’économie sociale de différents pays.
Groupements de personnes* autour d’un projet économique commun, les entreprises de l’économie sociale sont par nature l’émanation d’un territoire*. Face à la mondialisation, elles sont des réponses locales, créatrices d’activités et d’emplois stables, qui échappent à la logique financière des groupes internationaux et, en particulier, aux délocalisations.
Elles ne sont pourtant pas vouées à être de taille moyenne ou petite. Certaines sont amenées à grossir, à s’internationaliser, selon leurs marchés ou leurs métiers : les banques, les mutuelles d’assurances*, les coopératives agro-alimentaires, les ONG*… L’évolution de leurs sociétaires* ou membres – eux-mêmes de plus en plus dans une dimension mondialisée – les y pousse. Elles peuvent constituer des groupes avec des structures de droit classique. Mais elles ne renoncent pas pour autant à leur logique, à leur identité fondamentale. Il s’agit pour elles de continuer à répondre aux attentes de leurs membres. L’économie sociale se doit donc de s’organiser au niveau mondial, pour faire valoir ses spécificités partout où se prennent les décisions.
Le mouvement coopératif* s’est doté dès 1895 d’une Alliance coopérative internationale (ACI*), aujourd’hui instance consultative de l’Organisation des Nations unies (ONU), et dont l’action a été décisive dans de nombreux domaines, notamment auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT*) en 2002, lors de la première recommandation mondiale sur les coopératives à l’intention des gouvernements. Une plate-forme, Coopératives Europe*, a également été fondée pour doter les coopératives d’une instance forte au niveau européen. Les mutuelles, pour leur part, ont créé l’Association internationale de la mutualité (AIM*). Quant au mouvement associatif, sa diversité rend la démarche plus difficile. En revanche, de nombreuses ONG sont représentées auprès de l’ONU.
Au niveau européen, Social Economy Europe* assure une représentation transversale ; d’autres organisations assurent des représentations plus sectorielles, par familles ou par métiers. Ainsi, le Groupement européen des banques coopératives (GEBC*), lors des travaux sur les normes comptables internationales, travaille en liaison avec ses homologues des autres pays, notamment américains, à lever des incompréhensions graves.
(Voir aussi Internationalisation.)
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