Dans son histoire, le mouvement ouvrier a su tisser des liens étroits avec l’économie sociale. Dès le XIXe siècle, s’inspirant du « mutuellisme », de certains préceptes proudhoniens* ou du principe de l’association*, s’organisent des sociétés ouvrières d’aide et de secours dont le but est de répondre aux problèmes de santé, de chômage, de veuvage de leurs adhérents* ou de leurs proches.
Plus tard, les premières Bourses du travail sont créées. Hauts lieux de l’action revendicative, syndicale et protestataire, elles sont aussi des instances qui agissent sur le terrain de l’offre et de la demande de main-d’œuvre. Elles constituent ainsi une sorte de pendants aux Bourses capitalistes classiques. Enfin, les premières grandes coopératives ouvrières de production*, chères à Jean Jaurès*, prolongent les rapports souvent étroits entre le mouvement ouvrier d’alors et l’économie sociale. Fondées sur des pratiques de solidarité entre ceux qu’elles emploient, elles tranchent des pratiques de l’économie purement capitaliste. Aujourd’hui, l’influence des initiatives du mouvement ouvrier des origines perdure sous la forme de « traces » plus ou moins visibles dans l’univers des mutuelles ou dans l’action de certaines associations, même si elle s’est beaucoup affaiblie au sein des syndicats* plus traditionnels.
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