Les mutuelles d’assurances (ou sociétés d’assurance mutuelle) constituent une des deux branches des mutuelles avec les mutuelles de santé*. Elles relèvent du code des assurances. On distingue les mutuelles d’assurances avec intermédiaires de celles sans intermédiaire. Les mutuelles sans intermédiaire sont regroupées au sein du Gema*. Elles ne rémunèrent ni agents d’assurances ni courtiers, à l’inverse des sociétés d’assurance mutuelle, qui adhèrent à la Fédération française des sociétés d’assurances. Les plus anciennes mutuelles d’assurances sans intermédiaire se sont constituées dans les années 1930, telles la Maif* (auprès des instituteurs). Des créations plus récentes, comme la Macif* (pour les salariés de l’industrie et du commerce) en 1960 ou la Mutuelle des motards en 1983, ont également rencontré le succès. Ces mutuelles se sont ainsi formées à l’initiative de groupes socioprofessionnels qui souhaitaient garantir les risques de leurs sociétaires. Ceux-ci sont à la fois assurés (ils cotisent pour une couverture du risque) et assureurs (ils contrôlent la structure qui couvre les risques).
Une mutuelle d'assurances : la Macif
4,7 millions de sociétaires*, 2 000 délégués, 8 500 salariés, 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2007…, la Mutuelle d’assurance des commerçants et industriels de France (Macif) est un des poids lourds de l’économie sociale. A l’origine, un groupe de commerçants et de dirigeants de petites et moyennes entreprises de la région de Niort, constatant qu’il existait déjà des mutuelles pour les personnels de l’Education nationale (Maif*) ou pour les artisans (Maaf), décide de créer en 1960 la Macif. Il bénéficie alors d’un prêt de la Maif. Au début, les contrats n’assurent que les automobiles, puis, à partir de 1969, s’ouvre une première période de diversification : lancement d’un crédit pour acheter sa voiture, contrats d’assurance habitation, élargissement du sociétariat à l’ensemble des salariés, et non plus seulement à ceux des entreprises adhérentes…
Dans les années 1990 commence la seconde phase de diversification. Elle va conduire la Macif à proposer aux sociétaires une solution d’assurance, d’épargne ou de crédit pour répondre à tous leurs besoins. Aujourd’hui, le groupe Macif est organisé autour de trois métiers principaux : l’assurance des biens, où il reste leader français sur l’automobile, l’assurance des personnes, avec le développement de produits d’assurance-vie (Mutavie) et de prévoyance (Macif-Mutualité), les services financiers (Macif Gestion, alors que Macif Banque verra le jour au printemps 2010 et proposera des services bancaires classiques, tels que carte bleue, livrets d’épargne, crédits…). Le métier historique de l’assurance automobile ne représente plus que 36 % du chiffre d’affaires de la Macif en 2007, dépassé par les services financiers.
Pour conserver un lien étroit avec ses sociétaires, la mutuelle est depuis 1987 organisée en onze régions autonomes au sein desquelles sont élus des délégués régionaux qui élisent à leur tour des délégués nationaux. Ces derniers choisissent les membres du conseil d’administration, puis du bureau qui nomment le président. Les différentes assemblées donnent une place aux organisations représentatives des personnels, mais aussi de l’économie sociale et des professions libérales. La Macif est aussi un acteur important de l’investissement socialement responsable* (ISR) : en 1998, elle a lancé le premier fonds investi en actions de sociétés françaises socialement responsables et près de la moitié du milliard d’euros géré par Macif Gestion l’est selon les critères de l’ISR.
Contact : 2-4 rue de Pied-de-Fond, 79037 Niort Cedex 9, site : www.macif.fr
Ces mutuelles respectent les principes suivants : primauté de la personne et de l’objet social sur la rémunération du capital ; adhésion volontaire et ouverte ; contrôle démocratique par les membres suivant le principe « une personne, une voix »* ; conjonction des intérêts des membres usagers et de l’intérêt général* ; mise en œuvre des principes de solidarité* et de responsabilité ; autonomie de gestion et indépendance* par rapport aux pouvoirs publics ; destination des excédents financiers à la poursuite d’objectifs d’intérêt général et aux services des membres. Les excédents sont mis en réserve ou redistribués aux sociétaires par le biais du mécanisme de la ristourne mutualiste*. Les mutuelles d’assurance de biens sont souvent à cotisations variables* – elles peuvent ristourner leurs excédents ou faire un rappel de cotisation à la fin de l’année. En revanche, les sociétés d’assurance mutuelle d’assurance-vie sont, de par la réglementation, à cotisations* fixes.
Une mutuelle d'assurances : la Maif
Au début des années 1930, dans un contexte socio-économique difficile, des instituteurs jugent exorbitants les tarifs pratiqués par les assureurs sur les contrats automobiles. Ils lancent un appel à leurs collègues et, en 1934, naît la Mutuelle assurance automobile des instituteurs de France (Maaif, qui devient Maif en 1969). Pour les fondateurs, il s’agit de révolutionner le secteur de l’assurance, en luttant contre les entreprises privées de ce secteur. En 1947, le président fondateur de la Maif, Edmond Proust, est à l’origine de la création de la Camif*, une coopérative de consommation* pour les sociétaires* de la mutuelle.
D’abord réservés aux instituteurs, les services de la Maif s’étendent aujourd’hui à tous les personnels de l’Education nationale, à ceux qui participent à l’enseignement, à la recherche ou à l’organisation d’activités sportives, culturelles ou de loisirs.
Les salariés de services, d’associations ou d’établissements à vocation sociale (aide et action sociale) ou humanitaire, sans but lucratif ni caractère confessionnel, ou ceux de la formation professionnelle peuvent aussi être admis comme sociétaires*. De très nombreuses associations le peuvent également. Par ailleurs, la Maif a créé une filiale d’assurances, Filia-Maif, pour les particuliers dont le statut ne permet pas l’adhésion directe à la mutuelle. A noter que des entretiens individuels sont menés avec les nouveaux adhérents* pour souligner les valeurs de solidarité* et de respect de la personne que la Maif défend.
La mutuelle a diversifié son offre de contrats et de services pour répondre aux besoins réels de ses sociétaires (vie, décès, crédits, retraites, aide à la personne, etc.). Le groupe Maif compte, fin 2007, plus de 2,9 millions de sociétaires, dont 130 000 structures collectives (associations, etc.) et 700 000 via Filia-Maif. Son chiffre d’affaires 2007 est d’environ 2,6 milliards d’euros pour 6 200 salariés et 600 mandataires mutualistes (correspondants et délégués départementaux). Soucieuse malgré sa taille de conserver une vie mutualiste démocratique, la mutuelle a fait évoluer ses statuts au début des années 2000. Ce sont 750 sociétaires élus par scrutin de liste par l’ensemble des sociétaires qui participent à l’assemblée générale* et se prononcent sur la politique menée par le conseil d’administration*. Le président de la Maif est un des 21 sociétaires élus par l’assemblée générale au conseil d’administration, lequel compte en outre trois administrateurs élus par les salariés. En accord avec l’engagement militant qu’elle met en avant, la mutuelle s’est engagée ces dernières années dans une politique de développement durable*, de responsabilité sociétale* et citoyenne (bilan sociétal*, « livre blanc » sur le handicap, etc.).
Contact : 200 av. Salvador-Allende, 79038 Niort Cedex 9, site : www.maif.fr
L’activité des mutuelles d’assurances concerne la couverture des risques des particuliers (automobile, habitation, vie, prévoyance, etc.), mais aussi des associations et des professionnels. Depuis une vingtaine d’années, on constate trois évolutions majeures : le développement de l’offre en matière d’assurance des personnes (prévoyance, dépendance, retraite, épargne salariale…) ; la création par les mutuelles de filiales pour gérer ces nouveaux produits ou pour permettre à des personnes qui ne sont pas membres du groupe socioprofessionnel fondateur de souscrire des contrats d’assurance ; et le rapprochement des métiers de l’assurance et de ceux de la banque, le dernier exemple en date étant la création de Macif Banque annoncée par la Macif pour le printemps 2010.
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