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Placement socialement responsable

Définition
par François Lett, Crédit coopératif
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Concilier performance financière et respect de principes éthiques, c’est ce qu’ont cherché à faire, aux Etats-Unis, au début du XXe siècle, des congrégations religieuses, en excluant de leurs placements les titres d’entreprises contraires à leurs valeurs : tabac, armement, alcool, etc.
Avec la même préoccupation, les placements socialement responsables sont aujourd’hui étroitement liés à la notion de responsabilité sociale des entreprises*, c’est-à-dire à la prise en compte des principes du développement durable* : leur comportement est analysé sous un triple aspect – économique, environnemental et sociétal –, avec une vision de long terme. La demande croissante de ces placements doit inciter les entreprises en recherche de capitaux à améliorer leur comportement social et environnemental. Les gestionnaires socialement responsables ont d’ailleurs la conviction que les entreprises qui gèrent très en amont leurs problématiques environnementales et sociales obtiennent de meilleures performances financières à moyen terme.
On ne sera pas surpris que l’économie sociale soit très impliquée dans ces démarches, qui concilient valeurs et efficacité économique et qui s’expriment dans plusieurs types de produits :
– les fonds d’investissement solidaire (créés par la loi Fabius de 2001) investissent une partie de leur actif dans des titres d’organismes non cotés labellisés solidaires, à très forte vocation sociale ou environnementale ;
– les fonds d’inclusion sélectionnent les entreprises « meilleures de la classe » sur leurs performances économiques, sociales et environnementales, quel que soit leur secteur d’activité ;
– les fonds d’exclusion refusent les entreprises ou les secteurs d’activité qui ne sont pas considérés comme socialement responsables par l’investisseur ;
– les produits de partage, produits d’épargne ou organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) permettent de reverser une partie du rendement ou de la performance à un organisme caritatif pour soutenir son action ;
– le capital-risque solidaire* donne la priorité à la qualité du projet sur l’espérance de rémunération.
En France, la démarche a été lancée avec la création, en 1983, par le Crédit coopératif* et le Comité catholique contre la faim et pour le développement, d’un fonds commun de partage* pour financer le développement.