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Portugal

Définition
par Manuel Canaveira de Campos
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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L’économie sociale est reconnue par la Constitution portugaise. Evoquée comme « secteur coopératif et social », elle englobe les coopératives, les institutions privées de solidarité sociale, les mutuelles, les fondations* et les associations de développement local.
Les coopératives sont des organisations sans but lucratif, groupements de personnes* fonctionnant selon un modèle de gestion démocratique* de l’entreprise. On trouve dans cet ensemble des coopératives agricoles*, des caisses de crédit agricole mutuel, des coopératives de logement*, des coopératives de consommation* et des coopératives de services. Les institutions privées de solidarité sociale sont de leur côté des entités à but non lucratif, qui ont un objectif de solidarité* entre individus. Elles regroupent les associations de solidarité sociale, les mutuelles, les fondations et les misericórdias (associations très anciennes liées à l’Eglise). Elles se consacrent à l’action sociale et à la santé, dans des activités destinées à l’enfance, à la jeunesse et au troisième âge. Les associations de développement local sont quant à elles constituées à l’initiative de la société civile*. Sans but lucratif, elles ont comme grandes lignes d’action la dynamisation des économies locales, la promotion de l’emploi et de la citoyenneté active.
Les coopératives produisent environ 5 % du produit national brut et comptent 55 000 salariés. Les institutions de solidarité sociale, de leur côté, regroupent, avec environ 160 000 salariés, 4 % de la population active portugaise.
Les coopératives sont représentées par deux confédérations – Confagri (agriculture et crédit agricole) et Confecoop (autres secteurs) – et par des fédérations sectorielles. Les institutions privées de solidarité sociale sont représentées par la Confédération des institutions de solidarité. En outre, les mutuelles sont représentées par l’Union des mutuelles, les misericórdias par l’Union des misericórdias, les fondations par le Centre national des fondations et les associations de développement local par l’association Animar.
Toutes ces organisations ont pour but de placer la personne au cœur de leur action. Elles se basent sur les valeurs* de liberté et de participation démocratique. Servir l’intérêt collectif* est une autre de leurs finalités, manifeste dans les activités développées. Mais au-delà de leur caractère social, ce sont des organisations productrices de biens ou de services ayant une valeur économique. Les résultats atteints par ces organisations sont totalement ou en partie réinvestis pour développer et améliorer les services rendus.
Au Portugal, elles bénéficient d’un cadre légal bien défini, avec une législation de base, une législation fiscale et des législations sectorielles pour les coopératives, une législation de base pour les institutions privées de solidarité sociale et une autre pour les mutuelles. L’Etat soutient leurs activités, notamment à travers le financement de l’institut public António Sérgio du secteur coopératif. Il apporte son appui aux coopératives, en termes financiers, il soutient aussi les services en faveur des enfants défavorisés rendus par les coopératives de solidarité sociale et par les institutions privées de solidarité sociale qui interviennent dans la prise en charge de la petite enfance et de la vieillesse, dans l’éducation, la santé et la formation professionnelle. L’économie sociale est ainsi un pilier du développement local et de la protection sociale* au Portugal.