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Raiffeisen, Friedrich Wilhelm (1818-1888)

Définition
par Jean-François Draperi, Recma
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Né en 1818 à Hamm, en Rhénanie, Friedrich Wilhelm Raiffeisen entra tôt dans l’administration et fut maire de la commune de Weyerbusch dès l’âge de 27 ans. Au cours de la grande famine de 1847-1848, il organisa un approvisionnement en blé et pommes de terre, puis fonda des boulangeries afin de baisser le prix du pain. Dès l’année suivante, il organisa, avec le soutien de 60 habitants aisés, une société de secours pour l’aide aux agriculteurs nécessiteux qui visait à lutter contre le commerce usurier du bétail. Il annexa à cette société une caisse d’épargne.
En 1854, il créa à Heddesdorf – dont il devint également le maire –, une société d’épargne et de crédit (Darlehnskassen-Verein), passant ainsi d’une logique d’aide à une logique de « Selbsthilfe », c’est-à-dire d’aide par soi-même. La réussite de la coopérative de Heddesdorf l’encouragea à fonder quatre autres caisses d’épargne et de crédit en 1862.
En 1866, il fit paraître son ouvrage Die Darlehnskassen-Vereine als Mittel zur Abhilfe der Noth der ländlichen Bevölkerung, sowie auch der städtischen Handwerker und Arbeiter, dans lequel il démontrait l’importance des caisses de crédit comme moyen d’aider les artisans et les travailleurs. Celui-ci connut un grand succès et inspira nombre de pratiques coopératives de crédit en Europe. En 1872, il créa la première fédération de crédit en Rhénanie, puis celle de Westphalie et de Hesse (1874). En 1876, il regroupa les fédérations et créa un institut central de crédit qui deviendra la Deutsche Raiffeisenbank.
Les principes édictés par Raiffeisen à partir de la coopération de crédit s’appuient sur la proximité (un village, une coopérative), la responsabilité solidaire et illimitée entre les membres, la non-distribution des excédents qui vont à un fonds de réserve indivisible – y compris lors de la liquidation de la société –, et le caractère universel de la coopérative, qui répond à l’essentiel des besoins des membres en intervenant dans toutes les branches d’activité importantes.
L’ensemble du système fonctionne sur la base de petites unités directement membres et administratrices d’une banque centrale. Empreinte de morale chrétienne, l’organisation Raiffeisen s’appuie sur la conviction que l’activité économique doit être sujette aux impératifs éthiques. Friedrich Wilhelm Raiffeisen meurt en 1888.