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Responsabilité sociale des entreprises (RSE)

Définition
par Pascal Canfin
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Les entreprises de l’économie sociale sont-elles socialement plus responsables que celles de l’économie traditionnelle ? En ce qui concerne la participation des différentes parties prenantes, les Scop*, avec la gestion démocratique* par leurs salariés, les Scic*, avec l’association possible des collectivités locales au capital, ou encore les mutuelles, avec le sociétariat* des membres qui bénéficient du service rendu, constituent des modes d’organisations plus avancés que l’entreprise capitaliste.
Dans le domaine des politiques sociales proprement dit, tout dépend du critère retenu. Certes, dans certaines composantes de l’économie sociale, comme les associations, les salaires sont en moyenne inférieurs aux salaires français, et on y trouve plus d’emplois précaires, notamment dans les services aux personnes. Mais les écarts de salaires sont aussi moins importants dans l’économie sociale. Et de nombreux secteurs s’y distinguent par leurs bonnes pratiques sociales (convention collective du tourisme social* et familial, redistribution des résultats dans les Scop…). Dans l’ensemble, le droit syndical y est plutôt mieux respecté que dans le secteur privé. Pour autant, ces entreprises peuvent connaître des conflits sociaux, d’autant qu’elles subissent, elles aussi, les contraintes du marché ou les normes imposées par la puissance publique (notamment dans le secteur associatif et de l’insertion, via, par exemple, la fixation du nombre de contrats aidés).
Sur le plan environnemental, les entreprises de l’économie sociale ne se distinguent pas particulièrement de leurs homologues. Mais les réserves impartageables* dans les coopératives et l’absence d’actionnaire à rémunérer à court terme dans les associations ou les mutuelles facilitent la prise en compte du long terme par ces organisations.
Pour évaluer leur responsabilité sociale au-delà de leurs seules règles statutaires, des mutuelles (la Macif* et la Maif*), des Scop et des associations ont mis en œuvre des démarches d’évaluation, dont le bilan sociétal*, initié par le CJDES*. Pour comparer leurs pratiques avec celles des grandes entreprises capitalistes, il serait sans doute utile que les grandes entreprises de l’économie sociale généralisent ce type d’évaluation et réalisent un rapport développement durable a minima conforme aux exigences de la loi sur les nouvelles régulations économiques qui s’impose aux entreprises cotées à la Bourse de Paris ou à celles des meilleurs standards internationaux comme la Global Reporting Initiative (GRI).