Hermann Schulze représentait sa ville natale, Delitzsch, à la Diète prussienne (parlement aux pouvoirs limités mis en place en 1848) : d’où le trait d’union dans son nom. Economiste, il avait fondé un journal, La revue coopérative, dans lequel il défendait l’idée de la supériorité à la fois économique et sociale d’une organisation coopérative en raison de la solidarité qu’elle permet de créer. En 1850, il fonde la première banque coopérative*, visant à consentir des prêts à court terme (trois mois en général) à ses membres à partir de l’épargne déposée par l’ensemble des sociétaires*. Il obtient un succès considérable auprès des artisans et commerçants : le mouvement des banques populaires coopératives est ainsi lancé. Ce mouvement se distingue des Caisses de crédit mutuel – créées à la même époque par Raiffeisen* – par le public visé (des petites entreprises, et non des consommateurs), mais aussi par le fait que les administrateurs sont rémunérés et que les sociétaires sont intéressés aux plus-values. De tendance libérale, Schulze devient l’un des théoriciens les plus en vue du mouvement coopératif*, et influence à la fois les agriculteurs et les associations ouvrières allemandes. Cela lui vaut l’opposition résolue de Ferdinand Lassalle, orateur redoutable (c’est lui qui est à l’origine de l’expression « loi d’airain des salaires »), et partisan, comme Louis Blanc*, d’un mouvement coopératif centralisé, soutenu par l’Etat.
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