Plus communément appelée Scop, la société coopérative de production est créée par des salariés associés* qui entendent exercer collectivement la fonction d’entrepreneur. Société commerciale, la Scop est régie par la loi de 1978 qui réglemente le nombre minimum d’associés, la répartition des pouvoirs selon le statut (société à responsabilité limitée ou société anonyme) et la répartition des bénéfices, dont une partie est consacrée à la participation* des salariés.
En décembre 2007, les quelque 1 900 Scop existantes employaient 38 150 salariés (dont 60 % sont associés, 90 % d’entre eux l’étant après deux ans d’ancienneté) et ont généré un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros. Les services représentent 45 % des Scop et 40 % des emplois (transports, nettoyage, restauration, mais aussi éducation, conseil, santé, culture…). Le BTP représente, quant à lui, près du tiers des emplois.
Une Scop : Acome
Acome développe des produits et systèmes destinés aux télécommunications, aux équipements électriques et au bâtiment : câbles de cuivre basse et haute fréquences, câbles et systèmes optiques, fils pour l’automobile… Première Scop* de France par ses effectifs, elle a son siège social à Paris et possède cinq usines à Mortain, en Normandie, et trois usines à l’étranger (deux en Chine et une au Brésil).
Acome est née en 1932 suite aux difficultés financières rencontrées par une société nommée Electrocable, alors en liquidation judiciaire. Grâce au principe du quart réservataire* qui attribuait, à l’époque, 25 % des commandes de l’Etat aux sociétés coopératives, Acome a pu, lors de son démarrage, compter sur les commandes d’un client majeur : les PTT. Par la suite, les investissements effectués dans la recherche, le développement et la modernisation des procédés industriels lui ont permis de bénéficier de plusieurs avancées technologiques, telles que l’usage intensif des matières plastiques en câblerie dans les années 1950 et 1960, le déploiement du réseau de téléphonie fixe dans les années 1970, l’arrivée des câbles de transmission de données informatiques dans les années 1990, sans oublier un positionnement important dans le secteur automobile et dans le bâtiment.
Acome emploie aujourd’hui 1 200 salariés en France, sous statut Scop. Ils étaient 800 dans les années 1980, contre une cinquantaine au démarrage. Cette croissance n’a pas remis en cause, explique Philippe Garnavault, responsable des ressources humaines, le fonctionnement en Scop, statut toutefois non adopté pour les filiales étrangères, principalement du fait de l’existence de partenaires externes. Acome s’intéresse aussi au management environnemental, son site de Mortain, d’une surface de 110 000 m2, a ainsi obtenu la certification ISO 14001.
Contact : 52 rue du Montparnasse, 75014 Paris, tél. : 01 42 79 14 00, site : www.acome.fr, courriel : scom@acome.fr
Trois grandes fédérations professionnelles (BTP, industrie-métallurgie, communication) et douze unions régionales complètent les services et les animations proposés par la Confédération générale des Scop (CG Scop*).
La taille moyenne des Scop, de 21 salariés, tend à s’accroître : après une phase de fort renouvellement par la création de Scop de petite taille, on assiste aujourd’hui à un renforcement des Scop de taille moyenne (de 10 à 50 salariés), alors que celles de plus de 50 salariés regroupent plus de 50 % de l’emploi total. Si le taux de sociétariat est inversement proportionnel à la taille, car favorisé par la proximité sociale et professionnelle, les Scop combinent différentes formes de démocratie* (représentative et participative*) afin de soutenir l’apprentissage collectif, formalisé ou non.
La particularité des Scop s’exprime également dans le partage des bénéfices : les Scop n’en consacrent qu’une part minime (11 %) à la rémunération du capital, alors que le reste est soit mis en réserve et investi (41 %), soit ristourné* aux salariés sous forme de participation (45 %). 98 % des Scop ont signé un accord de participation alors que celui-ci n’est obligatoire que dans les entreprises de plus de 50 salariés.
Entreprises démocratiques, basées sur un fort investissement professionnel, les Scop permettent de répondre aux aspirations de salariés désireux de maîtriser leur avenir professionnel ; elles peuvent aussi questionner, voire transformer, les conditions d’exercice de certaines professions dans lesquelles la dérégulation détériore les conditions de travail. Au-delà de leur secteur d’activité, elles s’inscrivent de plus en plus dans les territoires*, du fait de l’essor de leurs activités plus « relationnelles » (insertion-formation, services à la personnes…) et de leur ancrage territorial appuyé par leurs réserves impartageables*, gage d’une certaine stabilité financière. Des caractéristiques qui vont à l’encontre des processus de financiarisation et de restructuration.
(Voir aussi Scic et Coopérative d’activités et d’emploi.)
Une Scop : Chèque déjeuner
Chèque déjeuner a été créé en 1964 sous la forme d’une coopérative de consommation* par Georges Rino (syndicaliste puis futur fondateur de la Mutuelle générale des Scop et président de l’Union régionale des Scop Ile-de-France) avec l’aide de centrales syndicales. Elle s’est transformée en Scop* en 1972. C’est aujourd’hui, après Acome*, la deuxième Scop la plus importante par ses effectifs, supérieurs à 1 700 salariés en 2008, dont plus de 300 sur la Scop mère.
Son métier d’origine est l’émission et la vente aux entreprises de tickets restaurants destinés aux salariés et financés à 50 % par les employeurs. C’est toujours l’activité principale du groupe, coleader avec Sodexho sur ce marché, avec plus de 50 000 entreprises clientes et environ 1 million d’utilisateurs.
Sur le même modèle, le groupe a développé depuis 1993 le Chèque domicile, financé en partie par les comités d’entreprise pour leurs salariés. Il permet d’acheter des heures de services à domicile (ménage, repassage, petits travaux d’entretien…). Le Chèque lire, le Chèque culture, le Chèque Cadhoc, et Domicours, filiale créée en 2003 avec la Macif*, la Mutualité française* et la Matmut dans le secteur du soutien scolaire à domicile, ont suivi le même modèle. Un modèle que le groupe exporte maintenant dans dix pays (Italie, Espagne, Hongrie, Pologne, Maroc…), où il a ouvert une trentaine de filiales.
Contact : 1 allée des Pierres-Mayettes, 92234 Gennevilliers Cedex, tél. : 01 41 85 05 05, site : www.groupe-cheque-dejeuner.com, courriel : info@groupe
chequedejeuner.fr
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