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Société civile

Définition
par Corinne Bord, Fédération Léo Lagrange
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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La société civile pourrait être définie comme toute structure collective se situant entre l’individu et l’Etat. Autrement dit, la société civile pourrait aussi être présentée comme le rassemblement des corps intermédiaires constitués. Mais la France, historiquement, se méfie de ce concept, car il renvoie à la structuration sociale de l’Ancien Régime, sans compter que l’idéal d’un lien direct entre l’Etat et le citoyen se réfère aux principes de la démocratie directe si chers à Jean-Jacques Rousseau. Pourtant, les corps intermédiaires, les syndicats et les associations, sont des éléments fondateurs de notre démocratie représentative. Car même si la démocratie participative* permet aux citoyens de donner leur avis dans des processus décisionnels, ces corps intermédiaires jouent un rôle de reformulation important de ces avis.
La société civile est partie prenante des processus décisionnels nationaux et internationaux. L’Unesco, mais aussi l’OCDE, les Nations unies, l’Union européenne évoquent un partenariat avec la société civile. Celle-ci joue un rôle de médiateur, de passeur de l’un à l’autre, du citoyen à l’institution et vice versa. Les acteurs de la société civile sont aussi moteurs et garants du lien social. C’est par leur intermédiation que « se fait société et vivre ensemble ».
L’existence même d’une société civile organisée est parfois vécue comme la création d’un contre-pouvoir, d’un contrôle citoyen face au pouvoir politique, institutionnel. Ainsi, les syndicats dans l’entreprise et les associations dans la société jouent ce rôle de vigilance. Dans les politiques de développement, l’existence d’une société civile réelle, vivante, indépendante des pouvoirs politiques est de plus en plus une garantie de démocratie*. Ce concept a ainsi été un instrument de mesure pour analyser l’érosion des régimes autoritaires du bloc soviétique, des dictatures latino-américaines, mais aussi du développement de la démocratie en Afrique.
La nature même des acteurs et leur fonction font que la société civile recoupe la notion de tiers secteur*, à une nuance forte cependant : les activités civiles et citoyennes ne peuvent être considérées comme économiques, et encore moins marchandes. Le point commun réside dans la capacité des personnes, des citoyens à s’autoorganiser autour d’enjeux, d’actions collectives relevant principalement de l’intérêt général*.