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Société de secours mutuel

Définition
par Patricia Toucas-Truyen, historienne
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Du début du XIXe siècle à 1945, le terme sociétés de secours mutuel désigne les associations de prévoyance qui, en l’échange d’une modeste cotisation, assurent à leurs membres des prestations en cas de maladie (indemnités journalières, remboursements médicaux et pharmaceutiques). Elles prennent aussi en charge leurs obsèques et leur versent une pension de retraite si leurs réserves financières le permettent. Apparues dans le contexte de l’interdit associatif posé par la loi Le Chapelier de 1791, ces organisations se sont d’abord constituées sans cadre réglementaire, jusqu’à leur reconnaissance officielle par un décret de Louis Napoléon Bonaparte en 1852. Elles prennent alors leur essor sous le Second Empire, qui leur apporte un soutien administratif et financier tout en contrôlant leurs activités afin d’éviter tout risque de coalition séditieuse.
La législation républicaine de 1898, plus libérale, étend l’éventail des secours mutuels, notamment en faveur de la maternité et des enfants (mutualités scolaires et maternelles). En outre, dans les sociétés rurales, la liste des secours comprend souvent une aide mutuelle aux travaux agricoles. Gérées sur un mode démocratique, ces sociétés exaltent la responsabilisation individuelle des adhérents* et le bénéfice des prestations y est indissociablement lié à la notion de réciprocité. Au XXe siècle, les sociétés de secours mutuel doivent s’adapter à l’implication croissante de l’Etat dans le domaine de la protection sociale. Reléguées dans un rôle complémentaire à celui de la Sécurité sociale en 1945, elles prennent alors l’appellation de sociétés mutualistes.