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Transmission (en coopérative)

Définition
par Pierre Liret, CG Scop
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Chaque année, plus de 5 000 dirigeants d’entreprise partent à la retraite, représentant un enjeu fort en termes de transmission de savoir-faire et d’emploi local. Les entreprises d’au moins 50 salariés suscitent généralement la convoitise de fonds d’investissement, de repreneurs réunissant des fonds d’investissement dans le tour de table ou du concurrent le plus proche. Dans les trois cas, l’objectif tourne bien plus souvent autour de la recherche du profit à court ou moyen terme que d’un projet uniquement entrepreneurial, avec une exposition majeure au risque de délocalisation du centre de décision et/ou du centre de production. Les entreprises de moins de 50 salariés intéressent généralement moins les investisseurs. Mais la question de la pérennité de l’entreprise s’y pose avec la même acuité si le dirigeant cédant ne trouve pas de repreneur, y compris parmi ses enfants.


Dans toutes ces situations, le dirigeant qui souhaite céder son entreprise a une autre solution : la transmission aux salariés. Cette solution est avantageuse pour les salariés qui prennent collectivement le contrôle de l’entreprise, au-delà des seuls membres de l’encadrement supérieur. Elle est encore plus avantageuse lorsqu’elle se fait en coopérative, avec une gouvernance* qui assure l’ancrage territorial de l’activité : vote à l’assemblée générale* déconnecté du poids en capital, priorité à la constitution de fonds propres* qui restent propriété de l’entreprise… Sur le plan juridique, et sauf montage spécifique, la transformation d’une société anonyme ou d’une société à responsabilité limitée classique en Scop* n’entraîne pas la création d’une nouvelle personne morale et passe simplement par un vote en assemblée générale. Les deux tiers des reprises d’entreprises par leurs salariés sous forme coopérative sont issues de transmissions d’entreprises en situation saine par leur dirigeant fondateur, généralement à l’occasion de son départ à la retraite. De 20 à 60 entreprises se transforment ainsi en coopérative chaque année, pouvant représenter jusqu’à 1 000 emplois.