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Une personne, une voix

Définition
par Danièle Demoustier, économiste
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Les organisations d’économie sociale sont gérées selon le principe démocratique « une personne, une voix », principe non autocratique (le pouvoir d’un seul) et non ploutocratique (le pouvoir lié à la détention d’argent). En effet, la démocratie* économique, promue par l’associationnisme* ouvrier du XIXe siècle, a été revendiquée en même temps que la démocratie politique (le suffrage universel), dont elle a épousé les règles de fonctionnement. Mais, comme dans la vie politique, la démocratie économique représentative (associés* réunis en assemblée générale* qui désigne ses représentants) se heurte de plus en plus à un certain formalisme, voire à une distanciation des élus face aux questions de la vie quotidienne. Elle doit donc être enrichie et animée par la démocratie participative*.
Cette diversification des formes de participation aux décisions, des circuits d’information et des dynamiques de formation est rendue d’autant plus nécessaire que le sociétariat devient plus hétérogène et que la taille des organisations s’accroît. L’identité de départ – professionnelle, territoriale, affinitaire ou idéologique – laisse place à l’éclatement des identités et les organisations d’économie sociale ont besoin de reconstruire des sentiments d’appartenance plus denses.
Certaines organisations vont plus loin en tentant de faire converger, au sein même des instances de décision, des intérêts divergents généralement arbitrés extérieurement (dans des rapports marchands ou administratifs) : ainsi les régies de quartier* sous forme associative, mais aussi les Scic*, constituent des collèges (d’habitants, de bailleurs et de collectivités publiques, d’une part, de salariés*, d’usagers, de bénévoles*, de financeurs…, d’autre part), ce qui peut entraîner une dérogation au principe « une personne, une voix », auquel se substitue la répartition des votes entre les différents collèges afin de mieux prendre en compte le poids relatif de chacune des parties prenantes.