Les structures relevant de l’économie sociale et solidaire produisent des biens et des services à destination de leurs membres et/ou de leurs publics (notamment pour les associations du secteur social). Ces biens et ces services peuvent être produits dans un cadre marchand, non marchand ou hybride. Mais, dans tous les cas, cette production a des effets collectifs ou sociétaux qui confèrent à ces structures une utilité sociale, une valeur sociétale ou encore une plus-value sociale ou sociétale.
Par exemple, une association de quartier qui monte une activité de restauration conviviale pour des personnes qui n’ont pas les moyens d’y accéder sur le marché « normal » rend des services individuels de restauration à des personnes. Mais son utilité sociale s’évalue en termes d’intérêt général* ou de bénéfices pour la société : réduction de la misère et de l’exclusion, création d’un lieu de sociabilité pour des personnes qui n’en ont plus guère, insertion sociale dans un quartier et vie de ce quartier, etc. L’existence de ces bénéfices collectifs justifie une prise en charge partielle par la puissance publique sous la forme de subventions, d’exonérations d’impôts divers ou de charges, de possibilités de recours à des emplois aidés, etc. En contrepartie, les structures qui bénéficient de ces ressources doivent rendre des comptes, sur le plan financier, mais aussi sur celui de la production d’utilité sociale.
D’où la nécessité d’évaluer ces actions. Une évaluation d’autant plus indispensable lorsque les associations sont en concurrence partielle avec des entreprises classiques dans la fourniture (vente) de certains biens ou services. Les aides publiques ou exonérations fiscales dont bénéficie une association peuvent en effet être considérées comme faussant la concurrence, sauf si l’on peut montrer que sa production est très différente en raison de l’utilité sociale qu’elle engendre. Les Restos du cœur ne font pas une concurrence déloyale à la restauration, et les chantiers d’insertion* qui vendent des biens ou des services produits par des chômeurs de longue durée progressivement remis en situation de travailler ne font pas que produire ces biens ou ces services : ils produisent aussi, par exemple, de l’insertion sociale et économique et de la dignité retrouvée, dans des conditions que ne peuvent pas réunir les entreprises classiques. Même si certaines de ces dernières, en nombre limité, font des efforts en ce sens, ce ne peut être qu’à la marge, car leur situation financière deviendrait vite intenable si elles s’engageaient plus nettement.
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