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Volontariat

Définition
par Claire Alet-Ringenbach
Source : Hors-série n°38 bis d'Alternatives Économiques : L'économie sociale de A à Z
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Dans le langage courant, le terme volontariat est souvent employé comme synonyme de bénévolat*. Par exemple, le mouvement international de la Croix-Rouge définit un volontaire comme « une personne qui mène des activités bénévoles ». Pourtant, le volontariat correspond à un statut particulier, entre le bénévolat et le salariat. Il se distingue du premier par le fait qu’il s’exerce à temps plein pour une mission et une durée donnée, moyennant une indemnité. Et il diverge du second par l’engagement du volontaire et l’utilité sociale* de sa mission.
L’Organisation des Nations unies (ONU) a mis en place son programme de volontaires des Nations unies (VNU) en 1970. Chaque année, 7 500 personnes travaillent dans 140 pays en développement pour des missions relativement variées : action humanitaire après des inondations en Haïti, réinsertion d’anciens combattants au Niger, management d’une école de sages-femmes au Cambodge, etc. Au niveau européen, un service volontaire européen (SVE) a été créé en 1998. Il propose à des jeunes de 18 à 25 ans de faire une mission d’intérêt général* dans un des pays de l’Union européenne ou dans un pays partenaire.
En France, plusieurs statuts de volontariat se côtoient. Le volontariat international en entreprise (VIE) ou en administration (VIA) a pris le relais en 2000 de la coopération, disparue avec la suppression du service national. C’est pour ce statut que la confusion avec le salariat est la plus grande. Pour ces volontaires, l’expérience de VIE s’assimile souvent à un premier emploi ou à un stage bien rémunéré. Les entreprises, quant à elles, paient bien moins de charges pour les volontaires que pour le salaire d’un expatrié. Et on peut douter de la dimension d’utilité sociale d’un poste de VIE dans une grande entreprise pétrolière au Moyen-Orient, par exemple…
Pour sa part, le volontariat de solidarité internationale (VSI), officialisé par une loi de février 2005, concerne des actions humanitaires ou de développement dans des pays du Sud. 5 000 volontaires de ce type partent chaque année avec une des 29 ONG* agréées par l’Etat. Mais le volontariat ne s’exerce pas qu’au Sud. Les volontaires associatifs, un statut entré en application en 2006, effectuent leur mission en France. Ils participent à des projets associatifs d’intérêt général pendant six à vingt-quatre mois. Ce nouveau statut est plus souple que le précédent. Il permet à davantage d’associations d’accueillir des jeunes et de mieux indemniser les volontaires grâce à des aides de l’Etat. Ainsi, le nombre de volontaires a considérablement augmenté : fin 2005, ils n’étaient que 400, contre 2 500 en 2008-2009, dont 900 employés par l’association Unis-Cité. Des chiffres qui restent cependant minces par rapport à d’autres pays : 45 000 en Italie, 100 000 en Allemagne…
Pendant sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy s’était engagé sur la création d’un service civil obligatoire. Mais le rapport rendu par Luc Ferry mi-2008 a préconisé de conserver un service civil volontaire, notamment pour des raisons de faisabilité.